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Les habitués de l'enfer - Kodjibaye Miangarkoh (2021)
Les habitués de l'enfer - Kodjibaye Miangarkoh (2021)
- Date de sortie: 22-07-2021 2021-07-22
- Catégorie: Policier-suspense
- Editeur: Kodjibaye Miangarkoh
- ISBN: B09B4916B5
- Vues: 2842
- Date d'ajout: 24/07/2021 11:26
L'exploitation du pétrole de leur sous-sol avait donné aux personnages l'espoir d'un avenir meilleur. Mais hélas ! C'était sans compter le roi Khadab qui les gouverne en digne potentat depuis plus de 40 ans. Les espoirs de développement ont cédé la place à un régime policier, approvisionné par les forces obscures qui font mal partout dans le continent Afranul.
À l’orée de la nouvelle année où chacun adresse ses vœux pieux à l’autre, le roi Khadab vient de proclamer un édit pour réduire le train de vie des mourdouniatecques, en arguant qu’il y a la chute du prix de baril du pétrole. Des mesures draconiennes sont prises. Ce sont entre autres, le délestage intempestif, la coupure de l’eau, le manque de gaz butane pour cuisiner, ainsi que l’interdiction du bois de chauffe, obligeant ainsi les ménages à faire la cuisson avec des substances nuisibles à la santé, telles que les bouses de vache, les plastiques et même l’excrément humain. C’est le branle-bas général. La masse populaire estime que le roi et ses lèches-bottes ont fait preuve d’une gabegie inimaginable en allant même fêter les pétrodollars sur la lune ; alors que ceux-là pensent que le peuple famélique doit « attacher la ceinture » afin de booster l’économie du pays.
D’un ton péremptoire, le roi Khadab a martelé que dans un passé récent, les sujets avaient accepté de vivre avec un morceau de pain sec et de l’eau. Il entend aller au bout de sa logique en « sabrant » le subside et en augmentant l’impôt. Les mourdouniatecques doivent réapprendre à vivre, car les clignotants sont au rouge, il n’y a pas d’argent, a-t-il déclamé.
L’on assiste à une cascade de manifestations qui a été sévèrement réprimée dans le sang. Mais les agents ne décolèrent pas.
Beaucoup de jeunes diplômés sans emploi, les femmes « mosso »et autres groupes bien constitués, se sont joints à la meute hurlante pour défier la chasse à l’homme organisée par les sbires du roi.
Nguéndoh est l’un ces diplômés sans emploi. Intrépide et éloquent, il mobilise beaucoup de gens derrière lui afin de transformer le royaume.
Les cris de rouspétance éclatent à Lotako, la capitale et comme une trainée de poudre, se propagent dans les contrées lointaines. L’on croirait que ce vent fougueux allait mettre fin à la jactance du roi Khadab et causer son départ. Son règne est certes ébranlé ; mais fort du soutien inconditionnel d’Istibal, l’ancienne métropole, le roi Khadab se montre serein. Il a injecté de pharamineuses sommes pour acquérir des armes sophistiquées de guerre. Aussi, grâce à l’argent engrangée par l’exploitation du pétrole, le roi et ses ouailles sillonnent le royaume pour soudoyer les leaders de groupes de revendications et dissuader le peuple en distribuant les miettes. Même certains sages des villages lointains qui ont reçu une enveloppe de la part du roi Khadab, commencent à détourner la jeunesse pour étouffer dans l’œuf la manifestation.
Finalement, tout le peuple se conforte dans sa misère en vénérant le roi Khadab. Il se sent heureux en adorant le roi. Le peuple estime que vouloir contester l’ordre des choses est inutile. Il préfère vivre comme un chien que de mourir comme un loin.
Le peuple n’échoue jamais, mais dans ce roman, il y a échec du peuple. On verra si un jour il se relèvera de son grabat pour devenir libre. Mosso : littéralement je tombe, en sara. Il s’agit d’un commerce informel.

Les habitués de l'enfer - Kodjibaye Miangarkoh (2021)
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