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Pack 12 tomes de Jacques Rancière
- Catégorie: Divers
- Vues: 3014
- Date d'ajout: 18/01/2023 01:27
Le philosophe et ses pauvres - 1983
La première question philosophique est une question politique : qui peut
philosopher ? Pour Platon, les citoyens doivent accepter un "beau mensonge" : la
divinité a donné aux uns l'âme d'or des philosophes, aux autres l'âme de fer des
artisans. Si les cordonniers ne s'occupent que de leurs chaussures, la cité sera
en ordre et la philosophie protégée de la curiosité des "bâtards". Au XIXe
siècle, les cordonniers s'agitent et des philosophes viennent proclamer le grand
changement : le producteur désormais sera roi et l'idéologue esclave. Pourtant,
à suivre le parcours de Marx, la science du nouveau monde prend une allure
déconcertante : le "vrai" prolétaire est toujours à venir, le Livre
interminable, et le savant récuse tous ceux qui tentent d'appliquer sa science.
Sartre affronte le paradoxe : l'ouvrier devient le gardien absent du monde du
philosophe, et ce dernier doit loger ses raisons dans les raisons du Parti. Chez
Bourdieu, la critique supposée radicale des distinctions culturelles et des
illusions philosophiques n'exprime plus que l'ordinaire d'un ordre où la
démocratie s'est abîmée en sociocratie. Le philosophe n'est plus roi. Mais le
professionnel de la pensée s'assure à bon compte d'un regard "lucide" sur
l'aveuglement de son voisin, pour la bonne cause d'un peuple toujours prié de
rester à sa place.
Nombre de pages : 239
Courts Voyages au pays du peuple - 1990
Il sera question dans ce livre de voyages. Moins pourtant d’îles lointaines ou
de paysages exotiques que de ces contrées toutes proches qui offrent au visiteur
l’image d’un autre monde. De l’autre côté du détroit, un peu à l’écart du fleuve
et de la grand-route, au bout de la ligne des transports urbains, vit un autre
peuple, à moins que ce ne soit simplement le peuple. Le spectacle imprévu d’une
autre humanité s’offre sous ses diverses figures : retour à l’origine, descente
aux enfers, avènement de la terre promise
Nombre de pages : 351
Les Noms de l'Histoire. Essai de poétique du savoir - 1993
Une histoire, au sens ordinaire, c'est une série d'événements qui arrivent à des
sujets généralement désignés par des noms propres. Or la révolution de la
science historique a voulu révoquer le primat des événements et des noms propres
au profit des longues durées et de la vie des anonymes. C'est ainsi qu'elle a
revendiqué en même temps son appartenance à l'âge de la science et à l'âge de la
démocratie.
Nombre de pages : 213
Le partage du sensible Esthétique et politique - 2000
Au-delà des débats sur la crise de l'art ou la mort de l'image qui rejouent
l'interminable scène de la " fin des utopies ", le présent texte voudrait
établir quelques conditions d'intelligibilité, du lien qui noue esthétique et
politique.Il propose pour cela d'en revenir à l'inscription première des
pratiques artistiques dans le découpage des temps et des espaces, du visible et
de l'invisible, de la parole et du bruit, qui définit à la fois le lieu et
l'enjeu de la politique. On peut alors distinguer des régimes historiques des
arts comme formes spécifiques de ce rapport et renvoyer les spéculations sur le
destin fatal mi glorieux de la " modernité " à l'analyse d'une de ces formes. On
peut aussi comprendre comment un même régime de pensée fonde la proclamation de
l'autonomie de l'art et son identification à une forme de l'expérience
collective.
Nombre de pages : 74
Le destin des images - 2003
" Le moderne dédaigne d'imaginer " disait Mallarmé. Poètes, peintres,
dramaturges ou ingénieurs voulaient alors mettre l'union de la forme et de
l'acte à la place de la vieille dualité de la réalité et de l'image. La vie en
eût été révolutionnée. Nos contemporains ne croient plus en la révolution et
chantent à nouveau, fût-ce au passé, le culte de l'image : éclair sublime sur la
toile, punctum de la photographie ou plan-icône. L'image devient la présence
sensible de l'Autre : verbe devenu chair ou marque du dieu irreprésentable. A
l'une et l'autre vision Jacques Rancière oppose la nature composée, hétérogène,
de ce que nous appelons des images. Celles-ci ne sont ni des copies ni des
présences brutes, mais des opérations singulières, redistribuant les rapports du
visible, du dicible et du pensable. A l'exemple de la phrase-image de Godard,
étudiée ici, qui superpose un plan de film noir, une image de l'extermination
des Juifs et un discours de philosophe, ce livre analyse les liens méconnus qui
unissent symbolisme poétique et design industriel, fictions du XIXe siècle et
témoignages sur les camps ou installations de l'art contemporain. Un même projet
anime ces parcours croisés : libérer les images des ombres théologiques pour les
rendre à l'invention poétique et à ses enjeux politiques.
Nombre de pages : 157
Le maître ignorant - 2004
En 1818, Joseph Jacotot, révolutionnaire exilé et lecteur de littérature
française à l'université de Louvain, commença à semer la panique dans l'Europe
savante. Non content d'avoir appris le français à des étudiants flamands sans
leur donner aucune leçon, il se mit à enseigner ce qu'il ignorait et à proclamer
le mot d'ordre de l'émancipation intellectuelle : tous les hommes ont une égale
intelligence. Il ne s'agit pas de pédagogie amusante, mais de philosophie et de
politique. Jacques Rancière offre, à travers la biographie de ce personnage
étonnant, une réflexion philosophique originale sur l'éducation. La grande leçon
de Jacotot est que l'instruction est comme la liberté : elle ne se donne pas,
elle se prend.
Nombre de pages : 196
Chroniques des temps consensuels - 2005
Le consensus n'est pas la paix des esprits et des corps. Nouveau racisme et
épurations ethniques, guerres humanitaires et guerre à la terreur sont au cœur
des temps consensuels, tout comme les fictions cinématographiques de la guerre
totale et du mal radical ou les polémiques autour du génocide nazi. Le consensus
est une carte des opérations de guerre, une topographie du visible, du pensable
et du possible qui a une fin bien précise : montrer qu'il n'y a qu'une seule
réalité à laquelle nous sommes tenus de consentir. Ce qui s'oppose à cette
entreprise s'appelle simplement la politique. Ces chroniques cherchent à rouvrir
un espace qui la rend pensable.
Nombre de pages : 185
La Haine de la démocratie - 2005
Nous vivons aujourd'hui dans des pays qui se baptisent « démocraties ». Le
discours officiel chantait naguère les vertus de ce système, opposé à l'horreur
totalitaire. Ce discours n'a plus cours aujourd'hui, même s'il arrive que des
armées soient envoyées promouvoir la démocratie autour du monde. En France en
particulier, un parti intellectuel auquel sa place dans les médias donne un
pouvoir inconnu ailleurs n'en finit pas de dénoncer les méfaits de l'«
individualisme démocratique » qui mine les bases de la vie civique en détruisant
les valeurs collectives et les liens sociaux, et les ravages de l'« égalitarisme
» qui mène droit vers un nouveau totalitarisme. D'autres découvrent dans la
démocratie des penchants criminels, trouvant son origine dans la Terreur et son
accomplissement dans l'extermination du peuple juif. Ces critiques
contradictoires mais convergentes ont une cause commune : le caractère
profondément scandaleux du « pouvoir du peuple ». La démocratie, gouvernement de
tous, est le principe qui délégitime toute forme de pouvoir fondée sur les «
qualités » propres de ceux qui gouvernent. Fondée sur l'égalité de n'importe qui
avec n'importe qui, la démocratie n'est ni une forme de gouvernement qui permet
à une oligarchie politico-financière guidée par ses experts de régner au nom du
peuple, ni cette forme de société que règle le pouvoir de la marchandise. Elle
n'est portée par aucune nécessité historique et n'en porte aucune. La chose a de
quoi susciter de la peur, donc de la haine, chez ceux qui sont habitués à
exercer le magistère de la pensée. Dans ce livre, Jacques Rancière décrit les
liens complexes entre démocratie, politique, république et représentation et
aide à retrouver, derrière les tièdes amours d'hier et les déchaînements haineux
d'aujourd'hui, la puissance toujours neuve et subversive de l'idée démocratique.
Nombre de pages : 112
Le spectateur émancipé - 2008
« Celui qui voit ne sait pas voir » : telle est la présupposition qui traverse
notre histoire, de la caverne platonicienne à la dénonciation de la société du
spectacle. Elle est commune au philosophe qui veut que chacun se tienne à sa
place et aux révolutionnaires qui veulent arracher les dominés aux illusions qui
les y maintiennent. Pour guérir l'aveuglement de celui qui voit, deux grandes
stratégies tiennent encore le haut du pavé. L'une veut montrer aux aveugles ce
qu ils ne voient pas : cela va de la pédagogie explicatrice des cartels de
musées aux installations spectaculaires destinés à faire découvrir aux étourdis
qu ils sont envahis par les images du pouvoir médiatique et de la société de
consommation. L'autre veut couper à sa racine le mal de la vision en
transformant le spectacle en performance et le spectateur en homme agissant. Les
textes réunis dans ce recueil opposent à ces deux stratégies une hypothèse aussi
simple que dérangeante : que le fait de voir ne comporte aucune infirmité ; que
la transformation en spectateurs de ceux qui étaient voués aux contraintes et
aux hiérarchies de l'action a pu contribuer au bouleversement des positions
sociales ; et que la grande dénonciation de l'homme aliéné par l'excès des
images a d'abord été la réponse de l'ordre dominant à ce désordre.
L'émancipation du spectateur, c'est alors l'affirmation de sa capacité de voir
ce qu il voit et de savoir quoi en penser et quoi en faire. Les interventions
réunies dans ce recueil examinent, à la lumière de cette hypothèse, quelques
formes et problématiques significatives de l'art contemporain et s efforcent de
répondre à quelques questions : qu'entendre exactement par art politique ou
politique de l'art ? Où en sommes-nous avec la tradition de l'art critique ou
avec le désir de mettre l'art dans la vie ?
Nombre de pages : 145
Les écarts du cinéma - 2011
On rencontre souvent la notion d’ « écart » chez Rancière, toujours soucieux de
« faire du deux avec de l’un ». Appliquée au cinéma, l’écart porte aussi bien
sur la nature de la cinéphilie, qui lie le culte de l’art et la démocratie des
divertissements, sur le rapport compliqué entre cinéma et politique, ou encore
sur l’unité même de cet art, forme d’émotion ou vision du monde. Peut-être
faut-il se demander « si le cinéma n’existe pas justement sous la forme de ce
système d’écarts irréductibles entre des choses qui portent le même nom sans
être des membres d’un même corps ». C’est à partir de questions de cet ordre que
Rancière convoque Bresson, Straub et Huillet, Pedro Costa, mais aussi Minelli et
Hitchcock. Les films dont il parle, il ne les raconte pas, il ne les commente
pas non plus comme ferait un journaliste, il montre ce que, sans lui, nous ne
verrions sans doute pas, comme par exemple le rôle des flammes et de la fumée
chez Minelli : « Feux d’artifice de Meet me in Saint Louis, flammes imaginaires
au sein desquelles Manuela voit l’acteur Serafin métamorphosé en Macoco le
pirate (Le Pirate), flammes « réelles » d’une voiture allemande que la
Résistance fait exploser, feu de cheminée dans l’hacienda du vieux Madariagga ou
foudre conjuguée de l’orage et de l’apocalypse sur le patriarche abattu (Les
Quatre cavaliers de l’Apocalypse) ».
Nombre de pages : 158
Béla Tarr, le temps d'après - 2013
D'Almanach d'automne (1984) au Cheval de Turin qui sort le 30 novembre 2011, les
films de Béla Tarr ont suivi la faillite de la promesse communiste. Mais le
temps d'après n'est pas le temps uniforme et morose de ceux qui ne croient plus
à rien. C'est le temps où l'on s'intéresse moins aux histoires, à leurs succès
et à leurs échecs qu'à l'étoffe sensible du temps où elles sont taillées. Loin
de tout formalisme, la splendeur des plans-séquence de Satantango ou des
Harmonies Werckmeister est faite d'une attention passionnée à la façon dont la
croyance en une vie meilleure vient trouer le temps de la répétition, au courage
avec lequel les individus en poursuivent le rêve et en supportent la déception.
Pour Jacques Rancière, le temps d'après est notre temps et Béla Tarr est l'un de
ses artistes majeurs.
Nombre de pages : 96
Les Bords de la fiction - 2017
On le sait depuis Aristote : ce qui distingue la fiction de l'expérience
ordinaire, ce n'est pas un défaut de réalité mais un surcroît de rationalité.
Elle dédaigne en effet l'ordinaire des choses qui arrivent les unes après les
autres pour montrer comment l'inattendu advient, le bonheur se transforme en
malheur et l'ignorance en savoir. Cette rationalité fictionnelle a subi à l'âge
moderne un destin contradictoire. La science sociale a étendu à l'ensemble des
rapports humains le modèle d'enchaînement causal qu'elle réservait aux actions
d'êtres choisis. La littérature, à l'inverse, l'a remis en cause pour se mettre
au rythme du quotidien quelconque et des existences ordinaires et s'installer
sur le bord extrême qui sépare ce qu'il y a de ce qui arrive. Dans les fictions
avouées de la littérature comme dans les fictions inavouées de la politique, de
la science sociale ou du journalisme, il s'agit toujours de construire les
formes perceptibles et pensables d'un monde commun. De Stendhal à João Guimarães
Rosa ou de Marx à Sebald, en passant par Balzac, Poe, Maupassant, Proust, Rilke,
Conrad, Auerbach, Faulkner et quelques autres, ce livre explore ces
constructions au bord du rien et du tout. En un temps où la médiocre fiction
nommée " information " prétend saturer le champ de l'actuel avec ses feuilletons
éculés de petits arrivistes à l'assaut du pouvoir sur fond de récits immémoriaux
d'atrocités lointaines, une telle recherche peut contribuer à élargir l'horizon
des regards et des pensées sur ce qu'on appelle un monde et sur les manières de
l'habiter. Né à Alger en 1940, Jacques Rancière est professeur émérite de
philosophie à l'université Paris VIII. Il a consacré de nombreux ouvrages aux
relations entre politique, art et littérature. Il a notamment publié au Seuil,
dans " La Librairie du XXIe siècle ", Courts voyages au pays du peuple (1990),
Les Mots de l'Histoire (1992), La Fable cinématographique (2001) et Chroniques
des temps consensuels (2005). Prix des Savoirs 2017
Nombre de pages : 208


Pack 12 tomes de Jacques Rancière