Bookys

Jean-Louis Marteil - Braida Tome 1, 2 & 3

Jean-Louis Marteil - Braida Tome 1, 2 & 3

  • Catégorie: Histoire
  • Vues: 1448
  • Date d'ajout: 07/03/2024 20:09

T1 - La chair de la Salamandre

Mai 1221. Un échafaudage s'écroule : deux morts (dont une poule imprudente). Le vent a tué, prétend aussitôt la rumeur... Un architecte meurt noyé et étranglé (ou l'inverse), l'eau a tué... Un artisan est étouffé par une poignée de terre, la terre tue à son tour... Un incendie criminel et meurtrier se produit, et l'on accuse le feu... Ce que nul ne peut imaginer, en revanche, c'est qu'il existe bel et bien un cinquième élément et qu'il commande peut-être à tous les autres. Mais que diable pourraient en connaître le capitaine Mord-boeuf, le tavernier Tranche-tripe, le routier Tape-buisson ou le gabarrier Rince-fût, et autres personnages qui, pour être parfois fort inquiétants et dangereux, n'en sont pas moins complètement loufoques ? Sur fond d'humour (noir évidemment), crimes sanglants, situations burlesques et dialogues absurdes se succèdent ici, tandis que le drame se joue et que le maître des Enfers rôde, à la recherche de proies..

Roman noir, polar médiéval, ce livre est une immersion dans l’univers de la banque, du commerce et de l’usure pratiqués entre autres par les puissants banquiers cahorsins au XIII° siècle. C’est aussi une descente vertigineuse au cœur d’une famille dans laquelle chacun – et peut-être surtout chacune – a quelque chose à cacher, où la révélation de secrets jusque-là profondément enfouis pourrait bien provoquer la pire des catastrophes. Mais si La chair de la Salamandre est un roman noir, au dénouement aussi surprenant que sordide, c’est également un récit toujours drôle, riche d’ironie et d’humour (noir évidemment), qui nous fait parcourir les rues de cités opulentes et dangereuses et nous emporte au long des rivières redoutables qui menaient les gabarres, souvent chargées de vin, vers Bordeaux et l’Atlantique.

Documenté, respectueux de l’époque, cet ouvrage réjouissant nous fait croiser la route aléatoire de nombreux personnages qui, pour être parfois fort inquiétants, n’en sont pas moins le plus souvent truculents, voire complètement loufoques. Situations abracadabrantes et dialogues absurdes se succèdent, tandis que le drame se joue et que le maître des Enfers rôde, à la recherche de proies…

T2 - L'assassinat du mort

Dans le cimetière des Augustins, entre les hautes herbes jamais nettoyées, une tombe récente était ouverte et la terre de rivière fraîchement remuée faisait un petit monticule noir tout à côté du trou. À quelques pas, un corps emmailloté de drap crasseux était allongé : celui de l’occupant théorique de la fosse. Tout pourri et puant comme se doit de l’être un cadavre de quinze jours, le mort avait ceci de particulier qu’il arborait, planté à la place du cœur, un lourd poignard de guerre. Or, il était de notoriété publique que le susdit décédé avait passé dans son lit d’une mauvaise fièvre deux semaines plus tôt...

« Mort deux fois », grogna un sergent dans le dos du capitaine... « Ce rustaud-là n’a jamais rien fait comme tout le monde ! »
Mord-bœuf remit son casque.
« Vrai », dit-il. « Même trépassé, il va encore réussir à nous briser les bourses ! »

Ainsi commence L’assassinat du mort, où l’on retrouve la plupart des personnages de La chair de la Salamandre (enfin, ceux qui ont survécu à la précédente hécatombe) et où l’on découvre quelques petits nouveaux tout aussi gratinés ; où la jolie Braïda n’a que son intelligence et son courage pour tenter de résoudre une série de crimes aux motivations pour le moins floues ; où le capitaine Mord-bœuf et le sergent Pasturat ne se privent point d’accumuler maladresses et répliques toutes plus stupides et délirantes les unes que les autres ; où l’évêque Guillaume de Cardaillac est encore une fois totalement dépassé par les événements ; où le narrateur, enfin, s’amuse toujours plus avec mots et personnages, saupoudrant son récit d’un humour noir parfaitement déjanté... tout en respectant l’Histoire, avec son grand H.

T3 - La mouche et le pendu

Ici, après La chair de la Salamandre et l'assassinat du mort, on retrouve une fois encore dame Braïda, décidément très curieuse, laquelle aura fort à faire avec un pendu qui n'en demandait pas tant et des mouches récalcitrantes. Bien sûr, les hommes du guet sont là aussi, égaux à eux-mêmes, c'est à-dire à pas grand'chose. Un chevalier du Temple vient enfin renforcer la galerie de portraits et, bien que son état lui interdise en principe l'amour terrestre... mais la nature humaine étant ce qu'elle est... Bref, ce polar médiéval, toujours aussi sanglant et joyeux, reste dans la veine des précédents volumes, avec son humour déjanté et sa langue diablement vivante...

Partager

Jean-Louis Marteil - Braida Tome 1, 2 & 3