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Journal d'une bourgeoise 1914-1918 - Marguerite Giron (2019)

Journal d'une bourgeoise 1914-1918 - Marguerite Giron (2019)

  • Date de sortie: 22-05-2019
  • Catégorie: Histoire
  • Editeur: Editions de l'Université de Bruxelles
  • Vues: 1197
  • Date d'ajout: 17/04/2025 21:12

Ces cahiers où elle consigne au jour le jour ses angoisses et ses
espoirs, les deuils et les naissances et tous les événements qui émaillent le
quotidien de son entourage, ne sont pas une simple chronique
familiale.

Marguerite Giron évoque dans ces carnets la vie difficile des Belges, soumis à
une censure pesante, harcelés par une bureaucratie tatillonne qui prétend tout
contrôler, victimes de vexations et de réquisitions en tout genre, sinon d’une
répression féroce.

Un témoignage passionnant sur une période sombre de l’histoire de la
Belgique, traversé par un leitmotiv : « les civils tiennent » !

EXTRAIT

« Ils polluent l’air que nous respirons »49. Nous ne connaissons aucun journal
traitant de la première guerre mondiale où l’hostilité à l’occupant s’exprime
avec une telle virulence. Pour qu’une dame bien éduquée se déchaîne de la sorte,
il fallait que l’invasion et l’occupation allemandes l’aient touchée au plus
profond d’elle-même50. Plus tard, elle s’étonna parfois de ses propres
réactions. Lorsqu’elle se réjouit que les Anglais aient réussi à faire sauter,
près de Messines, les lignes allemandes à grands coups d’explosifs, elle nota :
« Notre âme est devenue sauvage et rancunière au point que de pareils exploits
nous réjouissent. Aucun châtiment n’étanchera notre haine et notre soif de
vengeance ».
Elle n’avait même pas pitié des enfants allemands, elle jugeait les Allemands
responsables de cette dégradation : « Quelle âme ils nous ont faite ! ».
Cependant, à quelques reprises, elle fit preuve d’un peu d’empathie, la première
fois en août 1914, pour un père de famille de Sleeswijk qui faisait son service
contre sa volonté dans l’armée allemande ; une deuxième fois en septembre 1917,
lorsqu’elle vit que des membres de la famille d’un soldat allemand étaient venus
déposer des fleurs sur sa tombe, à côté de sa ferme à Bauche et enfin, en
juillet 1918, quand elle assista au départ pour le front d’un train de jeunes
soldats allemands.

CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE

C’est une évocation si sincère et si vibrante de ces années abominables de
l’occupation, qu’en parcourant les pages, j’avais l’impression parfois, jusqu’à
l’illusion, de vivre encore sous le joug de l’ennemi. - Henri Pirenne
(historien)

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