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Mal vu mal dit - Samuel Beckett

Mal vu mal dit - Samuel Beckett

  • Date de sortie: 11-04-2013
  • Catégorie: Littérature
  • Editeur: Minuit
  • ISBN: B01A6ZQH50
  • Vues: 954
  • Date d'ajout: 16/11/2023 11:40

Mal vu mal dit est un récit en français de Samuel Beckett publié en 1981 aux
éditions de Minuit. Il relève de sa dernière période, marquée par des œuvres
minimales, courtes et denses.


Introduction à la lecture

Mal vu mal dit n'est pas un simple récit. C'est l'histoire d'une scène
imaginaire régulièrement visitée, hantée, scrutée jusqu'à ce qu'il ne s'y passe
plus rien, jusqu'à ce que la vision s’épuise. Le temps ne compte pas, et il
compte quand même, sur un autre mode. C'est le temps du rêve.
On peut se demander si cette écriture n'est pas le moyen de faire le deuil de
cette femme aimée. En fait, rien ne permet de l'affirmer. Cette écriture semble
répondre à un impératif, une nécessité loin de tout calcul thérapeutique. On
n'écrit pas pour aller mieux, mais parce qu'il n'y a rien d'autre à faire.
Fasciné par le principe du philosophe irlandais Berkeley selon lequel « être
c’est être perçu », Samuel Beckett l’applique ici, dans Mal vu mal dit, à l’acte
d’écriture. Si le décor – un cabanon situé dans la caillasse d’une lande
irlandaise – est relativement facile à planter car la nature, les couleurs, les
objets, se laissent percevoir et décrire, comment peut-on percevoir les êtres ?
Va-t-elle se laisser voir, se laisser dire, ou bien va-t-elle demeurer
indicible, cette vieille femme vêtue tout de « noir immaculé », qui ne quitte sa
masure et ne s’aventure à fouler l’herbe grise que pour aller visiter une tombe
d’un « blanc hurlant » ? Avec quel regard parvenir à la saisir ? Un conflit
s’instaure entre pensée et vision, entre ce que voit, ou croit voir l’œil
ouvert, acharné, aux aguets, et ce que voit l’œil enfin fermé, paupières closes
pour que puissent naître les « chimères » lorsque « l’œil couve sa pitance.
Assoupi dans son noir à lui ». Tantôt la vieille femme est immobile, vue sous
tel ou tel angle précis, comme soudain figée par l’objectif d’un photographe ;
tantôt elle est parcourue d’un frémissement, ses lèvres se meuvent en un sourire
infime, la voici alors douée du mouvement que seule lui confère la pensée de
celui qui la crée. Ces deux regards possibles s’embrument parfois et se
troublent comme se trouble aussi le rythme des mots lorsqu’ils cherchent à
cerner ces insaisissables que sont le réel et son « contrepoison » :
l’imaginaire ».

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Commentaires

thitha01 21/05/2025 07:04
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