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Robert Sheckley - Pack Romans et Nouvelles
Robert Sheckley - Pack Romans et Nouvelles
- Catégorie: SF-Fantasy
- Vues: 3642
- Date d'ajout: 09/06/2024 23:03
Né à Brooklyn le 16 juillet 1928, Robert Sheckley sert dans l'armée américaine pendant la guerre de Corée avant de faire des études universitaires dans sa ville natale. Sa première nouvelle de science-fiction est publiée en 1952 dans la revue Imagination. Mais son humour, sa verve, la virtuosité de ses intrigues lui assurent une place de choix dans le principal magazine S-F de l'époque, Galaxy, où il utilise les pseudonymes de Finn O'Donnovan et de Phillips Barbee. Il est d'ailleurs abondamment traduit dans les deux éditions françaises de cette revue américaine, et ce dès 1954 puisque c'est à cette date que paraît Septième victime, qui inspira le film d'Elio Petri La Decima Vittima (1965) et que Sheckley étendit ensuite à la dimension d'un roman.
Nouvelliste de grand talent, il publie plusieurs excellents recueils de nouvelles dans les années 1950, dont un est traduit dans la collection "Présence du futur" : Pèlerinage à la terre. Au cours des années 1960, il passe au roman, signant quelques oeuvres notables, Omega, Le Temps meurtrier, Les Erreurs de Joenes, Eternité société anonyme, Echange standard, où il se révèle un satiriste avisé, avant de donner en 1968 le loufoque La Dimension des miracles.
Suivront l'ambitieux Options (1975), puis Le Mariage alchimique d'Alistair Crompton (1978), saisissante histoire d'un personnage dont l'esprit a été scindé en trois et réparti dans trois autres corps vivants sur des planètes éloignées, et Dramoclès (1983), sous-titré "un soap opera galactique".
Robert Sheckley n'en continue pas moins à écrire des nouvelles, réunies dans des recueils comme Et quand je vous fais ça, vous sentez quelque chose ? ou Le Robot qui me ressemblait. Il a aussi écrit en collaboration avec Harry Harrison ou Roger Zelazny, signé dans les années 1960 plusieurs romans policiers ou d'espionnage (Chauds, les secrets, L'Espion du dimanche), travaillé comme scénariste sur la toute première série télévisée de science-fiction, "Captain Video and his Video Rangers", et plus tard sur La Quatrième Dimension. Un livre d'or de la science-fiction lui a été consacré sous la direction de Michel Demuth. Robert Sheckley avait été en 2004 l'invité d'honneur des Imaginales d'Epinal.
Les nouvelles de Sheckley sont souvent très drôles, et mettent en jeu des personnages se débattant pour survivre à des situations absurdes. On y retrouve souvent les personnages d'Arnold et Gregor, deux associés prêts, pour gagner quelques dollars, à accepter des missions apparemment simples, mais qui se révèlent être de véritables opérations suicides.
L'un de ses romans, Options, est écrit dans un style très proche de celui de Boris Vian.
Sheckley était malade depuis longtemps. En 2005, il avait dû être hospitalisé en Ukraine. Et c'est un millionnaire ukrainien, fan de SF, qui avait payé son rapatriement. Car Sheckley ne vivait plus que d'expédients. Cet écrivain américain, qui fut une des grandes gloires de la SF des années 50 et 60, n'avait plus de domicile et comptait sur ses amis et fans pour l'héberger, aux Etats-Unis et en Europe.
Triste fin pour un écrivain qui avait révolutionné le genre dès ses premières nouvelles, en 1952. Et lui avait donné ses lettres de noblesse en lui fournissant un fond d'humour, d'ironie et de philosophie. Sheckley était un peu le Voltaire de la science-fiction. Ce regard biaisé, drôle et profond, sur les sociétés humaines, cette audace d'aller au fond des paradoxes, cette liberté de transcrire les anxiétés de la vie quotidienne, ce sourire au goût amer qu'il laissait sur les lèvres de ses lecteurs.
Un pessimiste, Sheckley. Les hommes, ça lui fait peur. Pas en tant que tels, mais ce qu'ils sont capables de faire quand ils sont en société. C'est comme la science: contrairement à nombre d'écrivains de SF, Sheckley s'en méfie. Ses nouvelles montrent toujours les dérapages. Comme ces oiseaux robots de «L'oiseau gardien», chargés de réprimer les crimes, qui s'en prennent aussi aux agriculteurs qui tuent les mauvaises herbes. C'est drôle. C'est profond.
Sheckley a osé utiliser le rire pour appuyer sur la plaie, là où ça fait mal. A Epinal, il parlait des Etats-Unis: «Je n'aime pas ce que l'Amérique fait sous Bush, l'Irak, les emprisonnements sans jugement. C'est horrible. De plus en plus de gens vont se faire tuer en Irak. Et puis, un jour, on rapatriera nos troupes d'Irak et on laissera une situation pire qu'avant.» Que faire? «Ecrire. Aujourd'hui, disait-il l'année passée, j'ai toujours une faim spirituelle d'écrire sur les choses qui me concernent, sur la vie aux Etats-Unis. J'éprouve toujours l'urgence de me lever pour quelque chose.» Et toujours avec humanité, en courtes phrases, en atmosphère. «C'est la façon dont j'écris. Je suis toujours un pèlerin dans ce monde, un enfant dans cette vie.»

Robert Sheckley - Pack Romans et Nouvelles